Les corydoras font partie de la famille des callichthyidés, on en dénombre plus d’une centaine d’espèces différentes. Certaines espèces comme les corydoras aenus, paleatus, panda, sont devenues très populaires en aquariophilie. Les corydoras Sterbai sont également devenus populaires ces dernières années et sont l’une des plus belles espèces.
Malheureusement, en raison de leur zone de vie qu’est le fond de l’aquarium, ils sont souvent considérés comme des poissons « nettoyeurs ». Ce qualificatif est complètement faux, les corydoras ne mangeant pas les excréments des autres poissons, ou les feuilles mortes.
Les vendeurs, en les qualifiant de nettoyeurs, ont là un argument de vente et ces poissons se retrouvent seuls, sans recevoir de nourriture, et finissent par mourir de faim... En les maintenant en banc, et en les nourrissant bien, les corydoras peuvent alors vivre une vie paisible pendant environ 8 ans.
Ils possèdent des couleurs à dominante grise, ponctuées de beige. Leurs nageoires pelviennes et pectorales sont oranges. Les mâles mesurent environ 5 cm, les femelles sont plus grosses et peuvent atteindre 6 cm.
Comme tous les corydoras, les sterbai possèdent des yeux très mobiles, et nous pouvons donc, en les observant, les voir nous faire des clins d’œil très amusants. Leur bouche est composée de petits barbillons très sensibles qui leur permettent de détecter la nourriture, même enfouie dans le sol.
Vivant dans des milieux très peu oxygénés dans la nature, ils possèdent deux systèmes de respiration et remontent de temps en temps en surface pour prendre une bulle d’oxygène.
Les corydoras sterbai vivent dans leur milieu naturel au Brésil et en Bolivie. En aquarium, les sterbai sont peu exigeants sur la composition de l’eau : PH compris entre 6 et 7,5. Température 21° à 29°. Il préfèrent cependant une eau douce et un PH neutre ou légèrement acide, c’est pourquoi j’utilise de l’eau osmosée.
La qualité de l’eau est très importante pour leur survie : ils supportent mal les nitrites et autres polluants comme les phospates. Les traitements médicamenteux peuvent également leur être fatals : cuivre, zinc, vert de malachite et sel.
Le sol de l’aquarium est un aussi un élément primordiale pour maintenir des corydoras : il faut un sable non tranchant type sable de Loire, sinon leurs barbillons peuvent être endommagés... Attention donc aux quartzites, qui si elles ne sont pas émoussées, sont très tranchantes.
Les Corydoras Sterbai, comme tous les corydoras, doivent impérativement vivre en groupe d’au moins 6 individus de la même espèce.Pour leur bien-être, mélanger des espèces différentes n’est pas une chose à faire, même si cela ne présente pas de danger particulier. Dans la nature, ils vivent en banc qui peuvent atteindre plusieurs dizaines d’individus. Il est très amusant de les voir chercher leur nourriture, tous regroupés. Il n’est pas rare non plus de les voir se reposer, tous « garés » en épis, comme dans un parking, ou de s’empiller les uns sur les autres.
Ce sont des poissons très pacifiques, qui ne manifestent jamais la moindre agressivité, ni envers leurs congénaires ni avec les autres espèces. Ils peuvent donc être maintenus en bac communataire en prenant toutefois garde de ne pas les associer à d’autres poissons de fonds agressifs qui pourraient les empêcher de se nourrir. C’est le cas par exemple des botias macracanthas (loche clown) et les ancistrus qui sont tellement voraces qu’ils ne laissent aucune chance aux pauvres corydoras de trouver la moindre miette de nourriture !!
Les corydoras sterbai sont omnivores. Ils acceptent toutes sortes de nourriture. Les paillettes des autres poissons qui tombent au sol sont consommées, ils apprécient aussi les pastilles de fonds qui leurs sont destinées. Attention il ne faut pas croire que la seule nourriture non consommée par les autres espèces est suffisante. Les pastilles de fonds sont indispensables, je les coupe en petits morceaux que je repartis à différents endroits. Contrairement à beaucoup de personnes, je préfère les nourrir un peu chaque jour que beaucoup tous les trois jours.
Les corydoras préfèrent cependant les nourritures congelées ou vivantes comme les vers de vases et larves de moustiques. Il faut les voir ingurgiter des vers et parfois, dans l’empressement, voir ressortir le vers par les branchies !! Ils adorent également les compléments végétaux : concombres, épinards, petits pois bouillis
Même si les reproductions réussies en captivité de cette espèce existent, elle reste cependant plus délicate que d’autres espèces, comme le corydoras aenus par exemple.
En ce qui me concerne, les pontes sont régulières, elles ont lieu après les changements d’eau : dans la nature la ponte a lieu à la saison des pluies. Le fait de changer l’eau et de la remplacer par de l’eau un peu plus fraiche (3° de moins) stimule les corydoras, et si en plus, je leurs donne des vers de vase, la ponte est assurée.Dans mon bac, ils pondent toujours à 12 heures trente, heure à laquelle la lumière s’allume.
L’ensemble de la parade est impressionnante : elle commence par une agitation remarquable au cours de laquelle le mâle et la femelle ne se lâchent pas d’une semelle !! Le couple frétille très longtemps, ne restant pas, comme la plupart du temps, au fonds de l’aquarium mais plutôt au milieu.
Au bout de quelques temps la femelle récupère la semence du mâle avec sa bouche. Le mâle est alors coucher sur le côté dans le sable et la femelle est perpendiculaire à lui ; ils forment un T. Je pense que la femelle pond d’abord ces , qu’elle garde entre ces nageoires serrées avant de prendre la semense du mâle. Sur certaines photos on peut voir que la femelle a déjà les pelviennes serrées lorsquelle se met en T avec le mâle...Mais il est difficile d’en être certain. Il se peut aussi qu’elle les ponde simultanément ou immédiatement après.
Le sperme va ensuite passer par les branchies pour se répandre sur les et les féconder. La femelle cherche alors un endroit propre où poser ses oeufs. Les vitres de l’aquarium sont souvent choisies par la femelle, de même que des feuilles de plantes. Jamais elle ne les dépose sur le sable. Cette recherche frénétique d’un endroit sûr pour les entraîne une grande fatigue de la femelle, qui se repose halletante, entre deux ponte. J’ai parfois cru qu’elle allait en mourir !
C’est là que les problèmes commencent si le couple est dans un aquarium communautaire... Les autres poissons qui avaient repéré le manège de la reproduction ne mettent pas longtemps à dévorer les oeufs, sachant que les parents ne les protègent pas.
Si des oeufs ont été épargnés, il faut alors les décoller délicatement avec une lame de rasoir ou avec les ongles et les mettre dans un bac « hôpital »
L’eau de ce bac d’accueil doit évidemment posséder les mêmes caractéristiques que le bac communautaire. Il est aussi préférable de ne pas mettre de sable dans ce bac, le nettoyage est alors plus facile, de même que le repérage des alevins.
L’éclosion a généralement lieu en 3 jours, sachant que malheureusement certains oeufs n’auront pas été fécondés et n’écloront donc jamais. Ces derniers deviennent rapidement bruns, alors que si les sont fécondés, au bout de quelques heures ont peut voir une tâche brune à l’intérieur, en forme de croissant de lune.
Les alevins naissent minuscules et ne nagent pas librement. Ils possèdent un sac vitellin sous l’abdomen qui leurs permet de s’alimenter pendant plusieurs jours. Lorsque le sac vitellin est résorbé, au bout de 3 à 5 jours, Il faut alors les nourrir avec des nauplies d’artemia ou, à défaut, avec de l’infusyl, petits comprimés vendus dans les animaleries. Ces comprimés sont roses et permettent de controler si les alevins mangent correctement. S’ils ont une petite buule rose dans le ventre, c’est qu’ils ont mangé !!
Il faut essayer, dans la mesure du possible, de mettre la nourriture directement à portée des alevins qui n’ont pas encore l’instinct de fouiller pour se nourrir.
La propreté du bac des alevins est très importante, il faut surtout éviter une accidentelle montée de nitrites dûe à un excédent de nourriture ou un taux trop élevé de nitrates. Je siphonne donc chaque jour entre 10 et 15 % du volume, que je remplace par de l’eau du bac communautaire. Deux autres pièges à éviter : mettre un chauffage fixé avec des ventouses et mettre un filtre non protégé. Le chauffage doit donc être libre, pour que les alevins ne se brûlent pas. Le filtre doit être protégé en mettant autour de l’aspiration un bas féminin pour empêcher l’aspiration des petits.
En respectant toutes ces règles, les chances de voir grandir convenablement les alevins sont bonnes, même si quelques pertes sont inévitables, tout comme dans leur milieu naturel. La patience est de rigueur, en attendant que les alevins soient suffisamment gros pour pouvoir rejoindre leurs parents dans le bac communautaire... Il faut compter, si tout va bien, environ 2 mois
Au bout de 5 semaines l’alevin présente des couleurs identiques à celle des corydoras sterbai adultes Pour l’habituer à chercher sa nourriture, j’ai introduit du sable de loire dans son bac. Il s’est bien acclimaté à son nouvel environnement et se comporte désormais comme un vrai corydoras : toujours la tête dans le sable !!!
Le grand jour est arrivé au bout de 2 mois et demi. Les alevins ont été introduits dans le bac communautaire. Il est très interressant de les voir retrouver leurs congénaires. Les petits ont bien pris leurs repères. ils s’amusent avec les plus gros et sont bien souvent les premiers à trouver la nourriture. Quelle satisfaction pour moi qui suis sans contest une inconditionnelle des corydoras !
Voilà, j’espère que cet article vous aura convaincu de l’intérêt de chouchouter les corydoras. Pensez donc à leurs apporter une alimentation variée, un sable non tranchant, et à les maintenir par groupe de 5 ou 6 individus minimum. Lorsqu’ils se sentent bien ils ont un comportement très intéressant à observer. Et quand en plus ils se reproduisent, c’est absolument fabuleux !!!
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